Ouest du Mont Hoverla (Ukraine)
Durant l'été, les villageois qui vivent autour du mont Hoverla (point culminant de l’Ukraine) regroupent leurs animaux pour les confier à des personnes qu’ils rémunèrent. Tandis que les brebis paissent en forêt, les prairies d’altitude sont destinées aux vaches.
En lisière de forêt, au bas de l’alpage (la « polonina »), 4 bergers traient à la main des brebis, assis sur des troncs, adossés contre un abri en bois
Puis, un des bergers prépare le fromage, sur un feu de bois, dans la cabane voisine.
Celle-ci est construite très sommairement : rondins de bois qui laissent passer l’air, toit qui laisse passer la pluie au niveau du foyer, foyer à même le sol...
Près de la cabane, 3-4 enclos pour parquer les brebis et un cabanon au milieu ; il sert de refuge aux deux bergers qui surveillent les troupeaux durant la nuit.
Ils sont 4 hommes, payés par les villageois propriétaires de brebis pour garder le troupeau de juin à septembre entre forêt et alpage. Il y a aussi 2 femmes, montées du village pour 1 à 2 jours ; le temps que la part de lait-fromage correspondant au nombre d’animaux que leur famille possède soit produit. Elles donnent un coup de main, puis redescendent avec leur part et de nouveaux propriétaires prennent le relais .
Dans la journée, les 300 moutons sont gardés en forêt ; pas de problèmes avec les forestiers, à condition de ne pas aller dans les parcelles en cours de régénération.
La nuit, les brebis sont enfermées dans les enclos, en lisière de forêt, et gardées par deux bergers et des chiens : les « tueurs de loups », munis de colliers à pointes.
Un peu plus loin, en haut de l’alpage, c’est le domaine des vaches et des chevaux.
La maison des vachers est beaucoup plus soignée que celles des bergers ; parce que les propriétaires ont plus d’argent ou parce que des femmes y vivent en permanence ?
Chaque propriétaire construit une étable pour ses propres vaches ; il y en a un dizaine, dispersée en lisière de forêt, mais cette fois sur le haut de l’alpage. La laiterie est collée à une des étables. En travers du torrent proche, ont été disposés des abreuvoirs creusés dans des troncs.
1 homme et 2 femmes s'occupent d'une soixantaine de vaches et de 5 chevaux.
Les propriétaires de bétail paient les vachers pour garder leurs animaux dans les alpages.
Le matin, traite vers 6 h, dans l’étable ; puis l’homme sort les bêtes sur les pâturages et les garde jusqu’au soir (mais il revient seul à midi pour le déjeuner), pendant que les femmes vaquent aux occupations domestiques.
A la tombée du jour, le fouet du vacher claque dans la montagne ; il l’agite pour rassembler ses animaux et les ramener dans leurs étables. Les femmes traient.
Le lait est descendu une fois par semaine au village, par charrette à cheval. Chaque propriétaire reçoit le bidon de lait produit par ses propres vaches.
AGUILAR, J ; BARRET, P. 2000. Images de la paysannerie des Carpates. 15 p. GEYSER et Fondation des Carpates
Auteur : Philippe Barret (GEYSER)
Fiche produite dans le cadre d’un chantier d’AGTER